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 [Archive] Famille Chilludo Coldwater

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Absurd_Jedi
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MessageSujet: [Archive] Famille Chilludo Coldwater   Ven 11 Déc - 20:21

Citation :
Voilà, c’est ainsi que s'achève l'illustre lignée Chilludo Coldwater, une fin vraiment pathétique.
Je suis Jericho, le dernier membre du clan Chilludo Coldwater.

Je couche ces lignes sur le bureau face au portrait de mes ancêtres,
mon arrière, arrière, arrière, arrière, arrière arrière,
arrière-grand-père, du moins si mes ancêtres ont bien compté.
C’était en 1846, avant la guerre, et sur la photo, de gauche à droite
ont peut voir Joshua fils, Madeleine la mère, Reed Graham le père qui
pose sa main gauche sur l’épaule de l'aîné, Boyle.

Madeleine attendait un enfant sur la photographie mais Graham ne devait
pas - je le suppose- s’en douter, du moins au moment où le cliché a été
pris.

C’était en Arkansas, comme je l’ai dit. Je crois avant la guerre, la
photographie a été prise dans la grange comme c'était l’usage en ce
temps là.
Le photographe était le très respectable M. Miranda de White Oaks.

Voyons où en étais je ? Graham, l’ETIC ?

Ca me reviendra, je vais reprendre à White Oaks, non pardonnez moi, en
Arkansas. Ma famille est partie vers le Nouveau Mexique pour échapper à
la menace de la guerre. Graham a reçu fort jeune le virus de la
technologie, transmis par son père Ethan, lors de l'exposition en
Pennsylvanie des moteurs steamers ; le procédé amélioré de James Watt…
Voyons... le procédé, je voulais dire quoi ?

Reprenons à la fuite du couple et des enfants. C’est vers le Nouveau
Mexique que nous retrouvons Graham dans une plaine encombrée de débris
noirs et inquiétants, les reliquats de la guerre américano mexicaine
terminée.

Rien de mieux -disait-il- que de se fondre dans un chaos guerrier
finissant, se cacher et attendre dans les ruines que la guerre soit
terminée.

Je disais.... les ruines... oui, les ruines, direction la ville de Socorro.
C’est un soir, dans un camp de fortune sommairement dressé autour d’un
feu que la rencontre s’est faite. Voyons, ils avaient mangé quoi déjà ?

Boyle et Graham -comme il se doit- possédaient des armes, c’était des
colts Paterson et l’on voyait tout juste apparaître des Walkers, un
modèle modifié.
Boyle avait un Paterson bricolé par son père car Graham était en avance
sur son époque : les platines doubles et les chiens rapides du Paterson
lui octroyaient une capacité supérieure de tir de 25 % bien qu’il ne
soit pas très doué pour l’exercice du tir. Durant la fuite,le chasseur
de la famille fut Boyle.

Voyons, Graham .., oui, Graham. Dans leur atelier de North Little Rock
il avait modifié le Paterson de son fils, Boyle. Il avait allongé le
canon, rajouté une crosse d’épaule à l'arme. Dans ses notes, Boyle se
plaint souvent de la projection de poudre dans les yeux, ça pourrait
expliquer le pourquoi de certaines choses.

Ah oui... le feu de camp... le père et le fils réussissaient à avoir du gibier, bien que rare dans cette partie désertique.
Grâce à leurs armes et au savoir-faire de Graham.
Il y a avait aussi quelques indiens. Graham inspirait confiance et ils pouvaient ainsi troquer de l’eau.

C’est ce soir là que deux inconnus se sont approchés du camp.
Ils étaient grands, l’un avait la peau sombre, l’autre était plus massif et ne parlait pas.

C’est ainsi qu’un certain M. Slavomir accompagné d’un autre homme
arriva vers le camp de fortune de Graham et salua la famille groupée
autour du feu.
Boyle de nature inquiète, avait peur pour sa mère et son petit frère
Joshua. Il surveillait les mouvements des deux hommes et les armes
restaient à la vue, exposées pour chacune des parties.

C’était des périodes dures, la survie ne tenait qu’à la grâce de l’eau et de la poudre.

M.Slavomir se présenta comme un ingénieur et mis rapidement Graham dans sa poche.
Sa mise était élégante et sa serviette en cuir graissé siglée. Son
sourire éclatant et sa physionomie avenante rassurèrent Boyle. Il nous
parla presque toute la nuit de machines fabuleuses d'une voix chaude et
captivante. Boyle charmé, buvait de telles paroles.

M.Slavomir sortait des plans fascinants, il expliquait la masse
critique de la vapeur à Graham et ce dernier entrevoyait la vérité.
Au petit matin, le secrétaire ou l’assistant toujours mutique de
M.Slavomir sortit d’un des gros sacs qu’il portait, du café, quelque
chose d’inconnu pour nous.
Toute la famille eu droit à un petit déjeuner digne des plus belles soirées des empereurs.
Il y avait du café, des sortes de toasts grillés sur les braises et ce matin là aussi fut une nouvelle révélation.
Tout le monde était fort impressionné !

M.Slavomir proposa à Graham de faire route ensemble vers la ville de
Socorro car il y gérait une entreprise pour le compte d’un grand groupe
industriel.
Les discussions nocturnes firent que M.Slavomir laissa flotter une
proposition d’association à Graham, une promesse d'emploi et un toit
pour les enfants, l’atelier étant assez grand pour aménager un coin de
vie pour la famille.

Je vais vous épargner la période de l’installation mais à partir de
moment là, Graham ne vit plus beaucoup M.Slavomir ni son secrétaire.
Graham avait un atelier, un toit, un salaire et tout le monde était préservé à Socorro de la misère.

C’est plus tard que M.Slavomir revint voir Graham, non pour vérifier
les travaux accomplis mais pour lui parler d’un nouveau projet.

Le projet ETIC.

Là c’est confus... Ils parlent d’un grand voyage, un voyage dans le
froid et source d'inquiétudes perpétuelles mais la famille fit le
voyage et fut initiée dès son arrivée à des technologies industrielles
pratiquement aberrantes.

C’était l’ETIC, du moins nous étions et restâmes dans l’ETIC.

Nous sommes la famille et je suis Jericho le dernier membre du clan Chilludo Coldwater.
Je suis né dans l’ETIC et dans quelques jours je vais mourir ici dans l’ETIC.
Je suis le descendant de Joshua et de Kelly, troisième enfant de Madeleine, née ici dans l’ETIC
La consanguinité nous a altérés car l’ETIC n’était pas un atelier mais un piège de béton et de métal.

La porte énorme qui s'est refermée sur nous,n’a plus jamais fonctionné.
Une porte monstrueuse appelée SAS, pesant plusieurs tonnes.

L’ETIC c’est comme une grande maison qui protège de tout. Le sous-sol
contient notre crypte familiale, tout nos défunts y reposent, nous y
avons fait une chapelle.
Dans quelques jours je vais m’y rendre, et me mettre à côté des autres Chilludo Coldwater.

M.Slavomir n’est jamais venu, la porte ne s’est jamais réouverte.
Durant des années ma famille a gratté les murs mais une fois le béton
enlevé, un mur de métal inviolable est apparu. Impossible de sortir par
la porte ou par un autre endroit : il n'y avait aucun autre moyen
d’évasion.

La mort vient !
Il reste le Paterson de Boyle, notre relique familiale. Je vais le faire sortir par le sas d’expulsion.
Le conduit est petit mais en démontant l'arme cela sera possible.
Je glisse aussi la copie de mon récit, ainsi, la personne qui découvrira le Paterson comprendra.

Le sas d’expulsion c’est un logement cylindrique, on met les déchets,
tout ce qui nous gène, tout ce qui pue, en petits morceaux et l’ETIC
propulse hors de lui les matières. Elles tombent dans le désert et
seront vite broyées par les anomalies climatiques.

Notre famille a appris son rôle de manière empirique et grâce à des
années d’apprentissage patiemment transmises à chaque génération.
Notre travail consistait par exemple à nous installer dans la grande
salle du haut, la rotonde. Tout autour de nous se déployait un désert
rouge terrifiant. Comme un phare planté au milieu d’une mer morte
depuis des siècles, se dressait l’ETIC.

L’ETIC a été construit pour étudier les tempêtes mais aussi d’autres
fonctions, c’est comme une arche qui préserve la vie dans une cuve
d’acide.
Alors nous avons répertorié les tempêtes : elles viennent toutes d’un couloir rocheux situé face à nous.
Ce sont des monstruosités climatiques et l’ETIC est bâti juste devant ce dégueuloir éruptif qui les fait naître.
Régulièrement, lorsque la température s’effondre, une nuée mortelle
dévale les pentes à des vitesses effrayantes et mitraille notre maison.

Nous vivons ainsi face à une gueule de canon béante, nous vivons dans la terreur.
Lorsque les tempêtes sont annoncées, nous abaissons les volets
protecteurs de la rotonde, nous consignons les relevés et nous nous
préparons à subir le choc.

Cela commence toujours par un bourdonnement diffus puis le son devient très grave, enfle et monte en puissance.
Nous sentons le sol trembler et toute la face exposée de l’ETIC crépite violemment dans un bruit assourdissant.

C’est la nuée qui frappe notre maison et qui la griffe de ses roches.

Je dois parler d'un autre point.
Le point important mentionné dans le carnet, notre grande responsabilité : nous sommes des veilleurs.

Le jour où la Menace viendra, l’ETIC pourra freiner son avancée.
Le carnet dit bien que la rotonde se modifiera et que nous serons le poste avancé du salut.

Tous les jours et ce depuis la première génération, nous avons attendu la Menace mais elle n’est jamais venue.
Aujourd’hui, alors que mon corps de vieillard me lâche, je perçois le mal non loin.
L’ETIC est sombre, il y a souvent des éclairs à cause des petits courts
circuits, les anciennes générations ont aménagé, démonté des parois,
modifié les câblages..

Où sommes-nous ? Boris je te maudis, toi et tes restes blanchis, je te vomis, entends tu ?
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