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 [Bestiaire] La plume et l’ange de plâtre

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roxelay

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MessageSujet: [Bestiaire] La plume et l’ange de plâtre   Dim 23 Aoû - 12:38

Citation :
La plume et l’ange de plâtre

C’est le bon moment ou plutôt finalement ca sera un moindre mal car il ne pleut pas.
La journée tire vers sa fin, les odeurs sont douces et le printemps s’annonce.
Je ne porte de pull-over lourd ni mon blouson de cuir pesant sur les épaules, je n’aurai aucune contrainte dans les mouvements.

Le soleil décline et j’avance sur cette herbe vivace.
Je m’aperçois que je porte des chaussures sans lacets.
Combien de fois j’ai passé cet instant dans ma tête, pourtant mon pas est mal assuré et la cadence de marche confuse.
Je porte cette boite en carton orné de poignées en plastique dont la couleur dorée reste étrange.

Le temps depuis longtemps à basculé sur un axe énigmatique qui n’est plus compréhensible pour moi.
Les instants ralentis se succèdent aux tourbillons du vertige.

Toujours ce flottement et ces pensées déstructurées, flottant dans l’air comme les petits fils argentés d’araignées du matin.
Puis avec violence les chocs qui brisent les fils éthérés un à un.

Tout s’enchaîne inexorablement.
La main empoigne le manche de l’outil et les premiers coups du métal contre la terre se font entendre.
La pelle s’enfonce droite et se taille son quart d’heure de satisfaction.
Chaque pierre heurtée enfonce la paume dans le bois et chaque fois que la main réassure sa prise les petits fils des pensées claquent comme des coups de feu s’évanouissant dans de noirs brouillards.
Le corps se tend et ne veut plus effectuer les mouvements, le cerveau réaffirme ses ordres, les déchirures recommencent.

Chaque pelleté de glaise extraite revient à ouvrir la porte du Tartare.
C’est en posant ta boite au fond de cette fosse qu’à nouveau j’ai senti ton poids à l’intérieur avec encore un peu de ta chaleur.
Cette aura indéfinissable qui sourdait au travers du carton, cette émanation rassurante qui me rappelle sans cesse ton importance vitale.
L’esprit se perd face à la terreur de te savoir plongée dans les ténèbres, mes mains empoignent l’argile pour faire ton tombeau.
Que faire d’autres à part te parler dans ma tête ? Les yeux ne voient plus rien, les larmes sont des reines opaques à cette heure, elles dansent autour de moi, souveraines et crachent de la cendre par leurs bouches ouvertes.
Je me sens perdu.
Les mains tassent le sol, les doigts effritent les blocs de terre agrégée, les ongles séparent comme des socs les éléments pour combler les espaces qui sertissent ton petit cercueil.

Ton bastion en carton, le dernier rempart face à l’obscurité.
La lumière devient crépusculaire et la terre devient froide.

Il reste le haut de ta forteresse de tristesse, il émerge invaincu de la roche brisée et ce sont nos derniers instants ensemble je ne le sais que trop.
Je repasse nos moments de vie, la vitesse de défilement est une torture absolue.
Voici quelques instants je te plaçais dans ta couverture bleue, j’ai pris soin de te mettre dans ta position préférée et sur ton front je t’ai embrassé.
Tu as ta plume avec le petit ange de plâtre et la boite t’entoure, il faut fermer le couvercle.

Encore quelques secondes volées aux hantises crépusculaires. Les yeux ouverts n’enregistrent que confusion.
La terre recouvre le dessus, d’ailleurs il n’y a plus que de la terre.

Je te parle toujours, je te demande de marcher vers la lumière, de ne pas t’arrêter et de toujours marcher.
Je te demande de me pardonner, de m’absoudre de mon incapacité à t’aider dans ce moment.
Je suis en train de sceller ta tombe, toi qui avais tant confiance en moi.
Ce n’est plus la honte immonde de la trahison qui me submerge mais un dégout profond et intense face à ton innocence et ta souffrance.

C’est ainsi que l’on se retrouve enfoncé à genoux les poings dans la glaise, statue grotesque de désespoir.
Rien, rien ne meurt jamais sauf ta souffrance muette lorsque tu me regardais,
Ta discrétion face à ma trahison.

C’est ainsi que je pars expier loin de tout ce que nous aimions, je ressens dans ma douleur l’humidité qui monte du sol.
Là où je vais partira l’autre ange de plâtre le moins joli que j’ai gardé pour moi.
Les oiseaux sont couchés tu sais, je ne les entends plus.

La grosse voiture qui vient me chercher à du les effrayer peut-être.

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Elien

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MessageSujet: Re: [Bestiaire] La plume et l’ange de plâtre   Dim 23 Aoû - 17:45

Citation :
La plume et l’ange de plâtre

C’est le bon moment ou plutôt finalement ca sera un moindre mal car il ne pleut pas.
La journée tire vers sa fin, les odeurs sont douces et le printemps s’annonce.
Je ne porte de pull-over lourd ni mon blouson de cuir pesant sur les épaules, je n’aurai aucune contrainte dans les mouvements.

Le soleil décline et j’avance sur cette herbe vivace.
Je m’aperçois que je porte des chaussures sans lacets.
Combien de fois j’ai passé cet instant dans ma tête, pourtant mon pas est mal assuré et la cadence de marche confuse.
Je porte cette boite en carton orné de poignées en plastique dont la couleur dorée reste étrange.

Le temps depuis longtemps à basculé sur un axe énigmatique qui ne m'est plus compréhensible.
Les instants ralentis se succèdent aux tourbillons du vertige.

Toujours ce flottement et ces pensées déstructurées, flottant dans l’air comme les petits fils argentés d’araignées au matin.
Puis avec violence les chocs qui brisent les fils éthérés un à un.

Tout s’enchaîne inexorablement.
La main empoigne le manche de l’outil et les premiers coups du métal contre la terre se font entendre.
La pelle s’enfonce droite et se taille son quart d’heure de satisfaction.
Chaque pierre heurtée enfonce la paume dans le bois ("le bois dans la paume", non ?) et chaque fois que la main réassure sa prise, les petits fils des pensées claquent comme des coups de feu, s’évanouissant dans de noirs brouillards.
Le corps se tend et ne veut plus effectuer les mouvements, le cerveau réaffirme ses ordres, les déchirures recommencent.

Chaque pelleté de glaise extraite revient à ouvrir la porte du Tartare.
C’est en posant ta boite au fond de cette fosse qu’à nouveau j’ai senti ton poids à l’intérieur avec encore un peu de ta chaleur.
Cette aura indéfinissable qui sourdait au travers du carton, cette émanation rassurante qui me rappelle sans cesse ton importance vitale.
L’esprit se perd face à la terreur de te savoir plongée dans les ténèbres, mes mains empoignent l’argile pour faire ton tombeau.
Que faire d’autres à part te parler dans ma tête ? Les yeux ne voient plus rien, les larmes sont des reines opaques à cette heure, elles dansent autour de moi, souveraines, et crachent de la cendre par leurs bouches ouvertes.
Je me sens perdu.
Les mains tassent le sol, les doigts effritent les blocs de terre agrégée, les ongles séparent comme des socs les éléments pour combler les espaces qui sertissent ton petit cercueil.

Ton bastion en carton, le dernier rempart face à l’obscurité.
La lumière devient crépusculaire et la terre devient froide.

Il reste le haut de ta forteresse de tristesse, il émerge invaincu de la roche brisée et ce sont nos derniers instants ensemble, je ne le sais que trop.
Je repasse nos moments de vie, la vitesse de défilement est une torture absolue.
Voici quelques instants je te plaçais dans ta couverture bleue, j’ai pris soin de te mettre dans ta position préférée et sur ton front je t’ai embrassé.
Tu as ta plume avec le petit ange de plâtre et la boite t’entoure, il faut fermer le couvercle.

Encore quelques secondes volées aux hantises crépusculaires. Les yeux ouverts n’enregistrent que confusion.
La terre recouvre le dessus, d’ailleurs il n’y a plus que de la terre.

Je te parle toujours, je te demande de marcher vers la lumière, de ne pas t’arrêter et de toujours marcher.
Je te demande de me pardonner, de m’absoudre de mon incapacité à t’aider dans ce moment.
Je suis en train de sceller ta tombe, toi qui avais tant confiance en moi.
Ce n’est plus la honte immonde de la trahison qui me submerge mais un dégout profond et intense face à ton innocence et ta souffrance.

C’est ainsi que l’on se retrouve enfoncé à genoux les poings dans la glaise, statue grotesque de désespoir.
Rien, rien ne meurt jamais sauf ta souffrance muette lorsque tu me regardais,
Ta discrétion face à ma trahison.

C’est ainsi que je pars expier loin de tout ce que nous aimions, je ressens dans ma douleur l’humidité qui monte du sol.
Là où je vais, partira l’autre ange de plâtre le moins joli que j’ai gardé pour moi.
Les oiseaux sont couchés tu sais, je ne les entends plus.

La grosse voiture qui vient me chercher à du les effrayer peut-être.

Voilà study
C'est un beau texte, bien écrit et à l'orthographe soignée ! Je n'ai pas vu de fautes, juste une ou deux phrases qui heurtent mon sens du français... Sentiment personnel ? J'ai également rajouté quelques virgules là où il me semblait nécessaire de merquer des coupures.
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roxelay

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MessageSujet: Re: [Bestiaire] La plume et l’ange de plâtre   Dim 23 Aoû - 22:24

Elien a écrit:
Citation :
La plume et l’ange de plâtre

C’est le bon moment ou plutôt finalement ça sera un moindre mal car il ne pleut pas.
La journée tire vers sa fin, les odeurs sont douces et le printemps s’annonce.
Je ne porte de pull-over lourd ni mon blouson de cuir pesant sur les épaules, je n’aurai aucune contrainte dans les mouvements.

Le soleil décline et j’avance sur cette herbe vivace.
Je m’aperçois que je porte des chaussures sans lacets.
Combien de fois j’ai passé cet instant dans ma tête, pourtant mon pas est mal assuré et la cadence de marche confuse.
Je porte cette boîte en carton orné de poignées en plastique dont la couleur dorée reste étrange.

Le temps depuis longtemps a basculé sur un axe énigmatique qui n’est plus compréhensible pour moi [qui ne m'est plus compréhensible] [@Roxelay : la formulation n'était pas terrible certes, mais selon moi ça pouvait se laisser].
Les instants ralentis se succèdent aux tourbillons du vertige.

Toujours ce flottement et ces pensées déstructurées, flottant dans l’air comme les petits fils argentés d’araignées du [@Roxelay du matin est correct] matin.
Puis avec violence les chocs qui brisent les fils éthérés un à un.

Tout s’enchaîne inexorablement.
La main empoigne le manche de l’outil et les premiers coups du métal contre la terre se font entendre.
La pelle s’enfonce droite et se taille son quart d’heure de satisfaction.
Chaque pierre heurtée enfonce [répétition] la paume dans le bois ("le bois dans la paume", non ?) et chaque fois que la main réassure sa prise, les petits fils des pensées claquent comme des coups de feu, s’évanouissant dans de noirs brouillards.
Le corps se tend et ne veut plus effectuer les mouvements, le cerveau réaffirme ses ordres, les déchirures recommencent.

Chaque pelleté de glaise extraite revient [beaucoup de "re"+verbe] à ouvrir la porte du Tartare.
C’est en posant ta boîte au fond de cette fosse qu’à nouveau j’ai senti ton poids à l’intérieur avec encore un peu de ta chaleur.
Cette aura indéfinissable qui sourdait au travers du carton, cette émanation rassurante qui me rappelle sans cesse ton importance vitale.
L’esprit se perd face à la terreur de te savoir plongée [toi/sujet = féminin ? On dirait que oui mais rien n'est sûr] dans les ténèbres, mes mains empoignent l’argile pour faire ton tombeau.
Que faire d’autre à part te parler dans ma tête ? Les yeux ne voient plus rien, les larmes sont des reines opaques à cette heure, elles dansent autour de moi, souveraines, et crachent de la cendre par leurs bouches ouvertes.
Je me sens perdu.
Les mains tassent le sol, les doigts effritent les blocs de terre agrégée, les ongles séparent comme des socs les éléments pour combler les espaces qui sertissent ton petit cercueil.

Ton bastion en carton, le dernier rempart face à l’obscurité.
La lumière devient crépusculaire et la terre devient froide.

Il reste le haut de ta forteresse de tristesse, il émerge invaincu de la roche brisée et ce sont nos derniers instants ensemble, je ne le sais que trop.
Je repasse nos moments de vie, la vitesse de défilement est une torture absolue.
Voici quelques instants je te plaçais dans ta couverture bleue, j’ai pris soin de te mettre dans ta position préférée et sur ton front je t’ai embrassé.
Tu as ta plume avec le petit ange de plâtre et la boite t’entoure, il faut fermer le couvercle.

Encore quelques secondes volées aux hantises crépusculaires. Les yeux ouverts n’enregistrent que confusion.
La terre recouvre le dessus, d’ailleurs il n’y a plus que de la terre.

Je te parle toujours, je te demande de marcher vers la lumière, de ne pas t’arrêter et de toujours marcher.
Je te demande de me pardonner, de m’absoudre de mon incapacité à t’aider dans ce moment.
Je suis en train de sceller ta tombe, toi qui avais tant confiance en moi.
Ce n’est plus la honte immonde de la trahison qui me submerge mais un dégout profond et intense face à ton innocence et ta souffrance.

C’est ainsi que l’on se retrouve enfoncé à genoux les poings dans la glaise, statue grotesque de désespoir.
Rien, rien ne meurt jamais sauf ta souffrance muette lorsque tu me regardais,
Ta discrétion face à ma trahison.

C’est ainsi que je pars expier loin de tout ce que nous aimions, je ressens dans ma douleur l’humidité qui monte du sol.
Là où je vais, partira l’autre ange de plâtre le moins joli que j’ai gardé pour moi.
Les oiseaux sont couchés tu sais, je ne les entends plus.

La grosse voiture qui vient me chercher a du les effrayer peut-être.

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C'est un beau texte, bien écrit et à l'orthographe soignée ! Je n'ai pas vu de fautes, juste une ou deux phrases qui heurtent mon sens du français... Sentiment personnel ? J'ai également rajouté quelques virgules là où il me semblait nécessaire de merquer des coupures.
Corrections en bleu.

Nota pour Elien : essaye de toujours laisser la phrase d'origine quant tu y apportes du changement (ex : "qui n’est plus compréhensible pour moi") afin que le correcteur suivant puisse vérifier/comprendre pourquoi tel ou tel passage a été corrigé Wink.

study

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MessageSujet: Re: [Bestiaire] La plume et l’ange de plâtre   Lun 24 Aoû - 5:15

D'accord, j'y penserai.
Je n'avais pas explicité mes propositions d'expressions, voici :

qui n’est plus compréhensible pour moi
[qui ne m'est plus compréhensible]
=>vu le style du texte, le "pour moi" fait vraiment maladroit, enfantin et tranche avec le reste qui est écrit dans un langage presque poétique...

comme les petits fils argentés d’araignées du matin.
[au matin]
=>le problème avec "du" c'est qu'on ne sait pas si le matin qualifie les fils ou les araignées. Pour moi, ce sont les fils qui apparaissent ainsi le matin. D'où ma proposition.

la paume dans le bois
("le bois dans la paume", non ?)
=>à mon sens, quand la pelle heurte le sol, la sensation c'est que c'est le bois du manche qui entre dans la paume de la main, et non l'inverse.


J'ai zappé les trois fautes... Embarassed j'arrête de corriger après minuit, moi.

Sinon, question... tu dis à un endroit, "beaucoup de re+verbe"... j'ai jamais entendu dire que c'était un problème (et d'ailleurs selon moi, ce sont des verbes à part entière...), peux-tu éclairer ma lanterne à ce sujet ? confused
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roxelay

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MessageSujet: Re: [Bestiaire] La plume et l’ange de plâtre   Lun 24 Aoû - 10:19

Pour l'araignée du matin c'est très clair pour moi, je ne vois pas le problème.

pour les "re+verbe", simplement à la lecture je trouve que ça fait un peu lourd, ce n'est pas une erreur du tout au sens strict Wink.

C'est la même avec le "pour moi" qui toi te choque, alors que moi pas tant que ça Wink.

Enfin t'inquiète pas pour les quelques fautes oubliées, de toute façon ce texte était bien écrit, on dirait qu'il s'agissait là que de fautes d'inattention !

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MessageSujet: Re: [Bestiaire] La plume et l’ange de plâtre   Lun 24 Aoû - 14:54

Je m'inquiète pas pour les fautes oubliées, je me fait juste la remarque qu'il vaudra mieux à l'avenir que je m'abstienne de faire une correction passer une certaine heure.
En tout cas, je suis d'accord avec toi, ce texte est vraiment de très bonne qualité, ça fait plaisir !
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MessageSujet: Re: [Bestiaire] La plume et l’ange de plâtre   

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