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 Origines

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Bow



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MessageSujet: Origines   Lun 16 Mar - 13:35

Bonjour,
J'aimerais que vous corrigiez ces (vieux) rps relatifs aux origines de Bow svp.
Il n'y a absolument rien d'urgent.
Je les relis de temps en temps (vu que j'aime pas très bien les fôtes) donc je pense que plus ils sont récents et plus ils sont mal décontaminés, notamment le tout dernier où j'ai dû utiliser des tournures que je n'avais plus employées depuis mon CM2, d'où une orthographe qui risque de vous sembler assez approximative.. Embarassed

[edit : je les mets immédiatement à la suite, vu que "La longueur de votre message dépasse la limite autorisée."]

J'aimerais aussi, si ça ne vous ennuie pas trop, que les "Anciens" correcteurs vérifient (rapidement) la crédibilité des premiers paragraphes, notamment tout ce qui touche à GD. En effet je suis trop jeune pour avoir connu cette époque et je préfère construire une histoire bien en phase avec la trame de TEM.

Merci !


Dernière édition par Bow le Mar 17 Mar - 0:03, édité 1 fois
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roxelay

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MessageSujet: Re: Origines   Lun 16 Mar - 23:16

Bonjour,

il faut copier les textes ici-même, merci bien.

Roxelay.

_________________
- Mes corrections sont en couleur rose - -= La vraie faute est celle que l'on ne corrige pas. =-
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Bow



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MessageSujet: Re: Origines   Mar 17 Mar - 0:05

Première Partie

Chapitre I : La Genèse

Il se souvenait...par flash..D'habitude, ils étaient très courts, des visions fugitives, des contours peu précis, des sensations...
Il se souvenait surtout du vent, de ses bourasques glaciales contre son épiderme, de son plaisir puéril à le sentir...Seul le vent l'avait accompagné toute sa vie, et il ne faisait confiance qu'au vent, qui, malgré ses caprices, ses tourbillons soudain, ne le trahirait jamais...

Un souvenir, ou plutôt un duo de souvenirs qu'il considérait comme indissociables lui revenait souvent à l'esprit, lorsqu'il sondait les profondeurs incertaines de sa mémoire...

Le premier souvenir de ce diptyque est lumineux...en pleine journée martienne...le soleil à son zenith...le vent, calme et doux...
La rocaille et le sable sont d'un rouge très marqué, et ils recouvrent l'intégralité de la surface visible...des volutes de poussière se forment à l'horizon, puis se déposent lentement sur le sol.
Il entend des sons, des bruits agressifs mais lointain...Il savait que ce n'étaient pas des bruits naturels, il le sentait dans leur répétitivité, leur façon de s'arrêter puis de redémarrer, dans un fracas soudain...Il ne savait pas pourquoi, mais ces bruits l'apaisaient et le réconfortaient...

Puis vient alors le second flash...cette fois-ci, la nuit dépose sa noirceur sur le paysage et impose sa teinte sombre et uniforme. Il aimait la nuit, sa présence tranquillisante, sa puissance discrète, tout en elle l'attirait...
Les bruits de moteurs étaient moins nombreux, mais la lumière que les engins émettaient étaient autant d'insultes à la toute puissance de l'obscurité, et le blessaient cruellement à chaque fois qu'ils rencontraient fugitivement son corps dans leurs mouvements rapides...
Ce jour là, une des lumières n'avait pas fait que le balayer de sa clarté. Elle s'était posée sur lui, avec insistance, et s'était immobilisé à une courte distance, l'éblouissant violemment.
Une créature s'était extraite de l'engin. Il n'avait encore jamais vu une telle entité. Les mouvements étaient inhabituels... Ce n'était pas du sable qui virevoltait joyeusement...C'était...autre chose. Une forme massive, compact, comme si le sable était si serré qu'il formait un mur totalement opaque et cohérent..des détails apparaissaient au fur et à mesure que ses yeux s'habituaient à la lumière. Contrairement aux nuées de sables, sans cesse changeantes, ces détails restaient figés, et conservaient une certaine raideur... Des fragments bougeaient, mais finissaient par retrouver leur place, tôt ou tard...
L'ensemble s'avança vers lui...il contemplait des couleurs jusqu'alors inconnues...du vert, du bleu profond...du noir brillant. Il entendait un souffle en deux temps, le premier totalement inconnu, le second ressemblant au contact du sable contre la roche.
La chose tendit deux excroissances, le saisit et le souleva de terre, non pas comme le vent, les jours de tempêtes, de façon chaotique, mais fermement et sans mouvement brusque.

Le betrayal repris sa route.

Chapitre II : Vie

L'Homme était un Adepte, discret et silencieux, mais bon. Il avait autrefois cru en une unique divinité terrestre, mais sa venue sur Mars lui avait fait perdre ses repères et douter de la toute puissance du monothéisme. La grandeur des Grands Anciens lui avait paru si évidente, à travers les multiples exemples de la vie martienne, qu'il s'était converti.Depuis il prêchait pour les Grands Anciens et s'occupait de son temple, qu'il avait construit lui-même, complètement isolé dans le désert martien.
L'Homme avait appelé la bête qu'il avait ramené d'une de ses escapades Bow, pour souligner sa soumission aux Grands Anciens. Il lui enseigna la liturgie et les rituels, les codes, la ferveur, bref, fit de lui un croyant invétéré.
Il maintenait les instincts bestiaux de Bow grâce à un régulateur émotionnel fourni par la Firme, lui trafiqua un scaphandre à sa taille, alors petite, et lui appris la langue martienne. Il lui enseigna la science de la Terre, lui raconta les anciennes légendes, lui appris énormément sur la culture terrienne.
Il lui apprit surtout à survire dans une société humaine, là où il serait perpétuellement en danger, et où il mettrait les autres en danger...

La mécanique surtout attirait Bow. Après avoir appris les rudiments du combat et s'être entrainé à résister aux temps les plus extrêmes, il avait porté sa soif de connaissance à l'étude des systèmes mécaniques, électroniques et informatiques. Il bidouillait des morceaux de Rusty découvert ça et là sur Mars, réparait le Kréator de l'Homme ainsi que son Betrayal.

La vie était douce, le travail le rendait endurant et lui donnait la sensation de servir à quelque chose.
Ses contacts avec la "civilisation" étaient pour le moins succints... Les rares humains qu'il rencontrait préféraient fuir à son approche, et ce de plus en plus rapidement au fur et à mesure que son corps adulte se façonnait. Lorsqu'il eut atteint la fin de sa croissance, il s'était fait une raison et se contentait de l'unique présence de l'Homme.

Chapitre III : Mort

La vie continuait tranquillement son cours et celles de l'Homme et de son protégé auraient pu suivre cette voie pendant des décennies jusqu'à leur mort successive... Mais Mars n'accorde le calme qu'à de très rares exceptions. La folie de la guerre devait s'abattre avec la violence habituelle à la race qui la déclencha.
Lorsque Grave Digger fut signalé, il était déjà trop tard pour fuir.
L'Homme entraina Bow à l'intérieur de son temple. Au fond était creusé une alcôve servant normalement d'ossuaire, cependant bien des années étaient passées sans qu'aucune dépouille ne touche le sol, et la salle était complètement vide. Elle était néanmoins suffisamment profonde pour se cacher de Grave Digger.


" L'Homme, depuis longtemps, était las de la vie. La solitude, la vieillesse rendaient l'enfer martien chaque jour plus insupportable. Peut-être a-t'il vu en Grave Digger un envoyé des Grands Anciens, peut-être a-t'il pensé qu'Ils voulaient éprouver sa foie...que sais-je ? Toujours est-il qu'il m'a fait jurer de ne pas quitter l'alcôve le plus longtemps que mon endurance naturelle, les vivres et l'oxygène stockées me le permettaient... Sur cette promesse, il m'enlaça. Cette dernière étreinte que je reçu d'un être humain me causa un grand trouble. Malgré un contact métallique dû au scaphandre, je sentis une chaleur, un grandeur encore inconnue...Je me rendis subitement compte que plus jamais je ne le reverrais. L'Homme senti ma panique et employa toute son pouvoir à me calmer. Puis il me laissa sur un sourire, le regard assuré.

Fidèle à ma promesse, je ne bougeais pas de l'alcôve. A l'extérieur Grave Digger se faisait entendre, avec lui des sirènes fréquentes, des cris lointains, des bruits de combats...
La porte de ma prison temporaire suintait littéralement d'ésotérisme...chaque fente laissait passer un vif rayon de lumière, blanche et pure. Des incantations se firent entendre, des prières d'une grande beauté, d'une sincérité, d'une dévotion admirable. Alors que deux heures auparavant la nuit tombait sur les Terres Désolées, à présent l'atmosphère entière était lumineuse, chaude, réconfortante.. Des hoquets secouaient mon abdomen, l'émotion m'obligea à desserrer mon scaphandre pour pouvoir respirer sans difficultés. L'Homme tenait tête aux ténèbres, et, dans la nuit et la mort, il m'offrait une dernière leçon sur la toute puissance des convictions...
Les combats semblaient se calmer au loin...des ordres de replis fusaient, ténues. Dans cette illusion de calme, bercé par la pulsation de l'ésotérisme de l'Homme, je m'endormis...

Comment oublier ce réveil brutal, dans un fracas de métal froissé et de béton explosé ? Comment ne pas être saisi de frayeur lorsque des souvenirs de cet instant traversent mon esprit ?
Le temps avait subit une discontinuité soudaine que n'arrivait pas à comprendre, encore dans les limbes du sommeil. Ce qui était avant n'était plus, le chaos avait remplacé l'ordre, la mort avait remplacé la vie, les ténèbres avaient finalement repris leur place et investis la bulle de clarté et de chaleur.
Qui avait pû détruire ainsi une telle innocence ?

Je n'eus que le temps de remettre mon heaume, avant qu'une brutale décompression, mal gérée par le processeur intégré de mon scaphandre bricolé à la main, me fis plonger dans un profond coma.

Plus tard, lorsqu'enfin, après plusieurs jours sans percevoir le moindre bruit, je me décida à quitter ma cachette, je compris que seul une puissance mécanique surhumaine avait pu causer de tels dégâts. Le temple était littéralement éventré, la charpente de métal pliée, les murs de béton défoncés...et aucune trace de l'Homme...
Qu'était il devenu ? Broyé dans des mains géantes ? Son corps pourrissait-il dans un charnier quelconque, à côté d'autres représentants pathétiques de sa race décadente ? Les Grands Anciens lui avaient-ils accordé la grâce de les rejoindre, vaporisant son corps pour n'en laisser que quelques gouttes d'eau pure, immédiatement absorbées par le sol ?

Je ne sais... Mais je sentais encore dans l'atmosphère, des traces de sa puissance...un visage se dessina dans mon esprit, son visage.

Il souriait."
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Bow



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MessageSujet: Re: Origines   Mar 17 Mar - 0:06

Seconde Partie

Chapitre IV : Vies intermédiaires

Des mois d'une vie recluse ont passé, à l'écart de toute trace de civilisation, dans les restes habitables du bunker de l'Homme. Longtemps Bow avait réfléchit à ce qu'il pouvait faire sans la présence de l'Homme sur cette Mars qu'il adorait, mais aucune conclusion nette ne venait à son esprit meurtri. Ses gestes devenaient lents, sans but, sa silhouette se tassait, se courbait, ses pattes restaient de longs moment totalement crispées, comme si quelque chose de la Bête tentait de reprendre ses droits sur le corps. Pendant ces longs mois pendant lesquels il resta seul, Bow perdit beaucoup de ce qui le rendait "viable" à une société humaine. Il devenait plus nerveux, plus indécis dans ses pensées. Alors qu'il avait pris l'habitude de penser selon le langage humain, il se surprenait à basculer en langue alien, à siffler doucement avec de légères convulsions des babines, et lorsqu'il buttait sur un mot qu'il avait appris en humain, et qui n'avait pas d'équivalent en langue alien (notamment au sujet de matériel technique), il se rendait soudainement compte de son égarement, s'immobilisait sur place comme tétanisé, et constatait alors la régression de son attitude, il se découvrait rampant, la gueule tendue en avant, reniflant des pièces de métal, ou encore agrippé à des morceaux de béton du temple détruit. Mais il ne réagissait pas à cette dévolution, car aucun but ne l'animait, aucune volonté ne l'habitait, et il aurait aussi bien pu s'endormir pour ne plus se réveiller qu'il ne se serait pas révolté.

Les bruits de la terraformation s'amplifiaient, jour après jour le paysage martien accusait la fin d'une époque, soulignait la lente transition entre un temps primitif et un temps technologique. Bow ne pouvait plus ignorer les grands nuages de poussières de plus en plus fréquents par temps calme, créés par les déplacements et les travaux d'engins aux dimensions titanesques. Les tempêtes relayaient maintenant des sons nouveaux, des sirènes puissantes, des martellements sur du métal, parfois des bruits d'explosions dues à des turbines obstruées...
Les zones de vivances ne cessait de se remplir, et Bow se sentait peu à peu engloutit sous cette marée de travailleurs, attirés par le seul appât du gain et le goût de l'aventure. Au fur et à mesure de cette invasion passive, Bow sentait naître en lui le sentiment qu'une anomalie se développer parallèlement. La terraformation était pour lui une aberration, le viol odieux d'une planète encore vierge et pure. Il n'approuvait pas les actes de cette "Firme" qui s'appropriait arbitrairement une planète et lui infligeait un traitement violent, pour un résultat hasardeux et peu convaincant.
Il décida alors de quitter son deuil et sa solitude, pour s'intégrer au projet TEM et agir pour limiter, à son échelle, les sévices reçus par sa planète mère.

Une fois cette décision prise, Bow se sentit remplit d'un sentiment de quiétude enivrante...comme s'il justifiait son existence par ce seul but, par cette volonté de protéger un astre qu'il chérissait. Il compris alors qu'il avait choisit la bonne solution. La réclusion aurait inexorablement conduit à la mort prématuré d'une âme torturée, tandis que maintenant, chaque heure passée voyait son état mental s'améliorer, ses idées se conforter, sa volonté rejaillir. Dans cette même lutte contre la dégénérescence qui avait envahit son être, son corps entier se redressa fièrement, ses muscles se bandèrent et firent craquer les jointures de son scaphandre, plus entretenu depuis longtemps. Constatant cela, un léger sourire fendit son museau, et il se prépara pour postuler aux bureaux de recrutement de la Firme.

Chapitre V : L'intégration au projet TEM - Les Premiers Pas

" Une fois que j'eus fini de réparer et préparer toutes mes affaires (scaphandre, betrayal, régulateur), je me mis enfin en quête d'un poste de recrutement du projet TEM. L'Homme m'avait jadis renseigné sur un endroit particulièrement fréquenté, autant par les terraformeurs moyen que par des responsables du projet, appelé 'Bar du Forage', je me dirigeai donc vers cette structure dont je connaissais la position.
Le Bar se présentait comme un énorme bunker, de plusieurs étages mais cependant plutôt trapu. De puissants projecteurs balayaient les environs, des sentinelles patrouillaient sur le toit, suite, je l'appris plus tard, à l'épisode Grave Digger. L'immense parking qui s'étendait devant le Bar était remplis de véhicules, hétéroclites dans leurs 'décorations', mais dont on différenciait 2 catégories principales : une majorité de bétrayals, avec leur énorme turbine sur le devant, et des béhémoths. Quelques monstrueux Kréators étaient bien garés ici et là, cependant bien qu'il soit impossible de ne pas les voir, ils étaient en quantités relativement réduites.
J'entrais dans le Bar par l'entrée principale (la seule entrée en fait), et dès que le deuxième sas de dépressurisation s'ouvrit, je fus happé par une atmosphère étouffante et enfumée. La pièce était immense, légèrement ovale, avec un large comptoir le long du mur du fond. De nombreuses tables rondes étaient positionnées dans la salle, la plupart étant prises : celles du centre, bien éclairées, étaient occupées par de multiples bandes de soiffards, des représentant syndicaux tentant tant bien que mal de se faire entendre dans le brouhaha général, ou encore des terraformeurs exubérants se souhaitant inlassablement le bonjour en de longs échanges d'étreintes repoussantes, celles, plus proches des murs, plongeaient de plus en plus dans une sorte de brouillard opaque et sombre, et on ne pouvait que difficilement voir les occupations des terraformeurs attablés.
Mon entrée ne fit tout d'abord absolument aucune impression. Tout au plus quelques terras jetèrent un regard surpris et souvent moqueur sur mon scaphandre, différents des leurs, qui étaient tous standarisés. Mais lorsque j'eus retiré mon casque et desserré les jointures abdominales (qui assurent l'étanchéité du scaphandre mais gênent sensiblement ma démarche), beaucoup me lancèrent des regards soupçonneux et, je m'en rendis bien compte, hostiles. Je me laissait aller à un sourire carnassier en gage d'assurance, mais il faut avouer que, le bâtiment et les règles en usages m'étant parfaitement inconnues, j'étais tout sauf sûr de mes gestes.

Il apparut rapidement que l'intégration au projet TEM était relativement facile dans le cas courant; cependant il n'y avait pas de recrutement direct au sol, pour la simple raison que les terraformeurs était censés venir de l'extérieur, et qu'à part eux, aucune créature intelligente ne devait exister sur Mars. Un responsable en manque de statistique réussit tout de même à trouver dans ses fontes un formulaire pas trop tâché et me le tendit avec empressement, accompagné d'un stylo-loupiotte, gadget arborant le logo de la Firme. Je ne pouvais objectivement répondre à plusieurs questions, mais le responsable me dit que "c'est pas grave, faut juste signer", ce que je fis en lui adressant un sourire convenu qui le mit profondément mal à l'aise. Me disant de ne pas bouger jusqu'à son retour, il quitta le bar trottinant, le formulaire plié dans son poing.

J'en profitais pour dévisager mes futurs collègues. Je m'attendais à une sorte de troupeau de veaux avinés, bêlant dans leur scaphandre, idiots et ridicules, mais je me trompais. Certes, une partie de l'assemblé, causant de futilités en usant de tournures grandiloquentes et minables et à grands renforts de mimiques pathétiques, me semblait tout à fait répondre à mes pensées. Mais ils ne représentaient qu'une portion seulement. D'autres parlaient gravement, en pesant leurs mots, et ils respiraient la sagesse, sinon l'expérience. D'autres enfin étaient immobiles, silencieux, buvant leur boisson par à-coup en lançant des regards perçants sur le bar, et je compris à leurs sourires carnassiers que, si certains terraformeurs étaient du bétails, ceux-là étaient en quelque sorte le maillon supérieur dans la chaîne alimentaire, chasseurs solitaires ou en meutes, aux idées claires et inébranlables, terraformeurs aux gros bras, durs et solides, baroudeurs aux yeux perçants..
Plusieurs personnes retenaient l'attention. Une zone entière du bar semblait réservé à une caste particulière, portant des tissus rouges et sombres, et arborant une sorte de tête de mort avec des ailes sur les côtés. D'autres avaient gravés "B.O.S.S." sur leur scaphandre, ou "Acidalia", "Sdf" ou encore "Garde Noire".. Ils ne parlaient pas en criant, mais leur voix sonores portaient loin et leur diction avait quelque chose de violent et d'incisif. Les autres terraformeurs semblaient les éviter, leur lançant des regards préoccupés, et ceux qui leur disaient bonjour se contentaient de signe de main rapide et d'un sourire timide. Apparemment, ceux-là n'avaient pas pour unique objectif de se tailler des bavettes, mais appartenaient à un groupuscule manifestement assez radical.

Enregistrement vocal du 03 août, an 0 après Grave Digger :
** A un moment un terraformeur se dirige vers eux en quête d'une place libre. Il parle fort, sourit béatement aux murs et apostrophe le robot serveur de sa voix criarde pour obtenir une boisson. Quelque chose de décapant. Il sent le nouveau en quête de réputation à des kilomètres. Les terraformeurs sombres le dévisagent avec dédain, parfois même avec un sourire cruel, mais il ne se rend compte de rien. Il marche très droit pour faire grand, et il a même réglé son scaphandre pour lui donner l'impression que ses épaules sont plus larges que sa taille ! Quelle pitié !
Finalement il s'assoit à une table presque vide, uniquement occupée par un terraformeur massif, perdu dans ses pensées, la cigarette au bec. Celui-ci se retourne quand le nouveau prend place, s'ensuit un court dialogue inaudible pendant lequel le nouveau arrivant dresse la tête comme un coq. Puis, tout à coup, le coq se retrouve allongé à terre, le nez fracassé, tandis que l'autre se rassoit doucement, la clope dans une main, son verre dans l'autre.. Je détourne la tête pour qu'on ne me voit pas pouffer de rire... **

A l'époque, je me rendis vite compte que le spectacle est quasiment le même partout : les nouveaux trop exubérants étaient systématiquement ramenés dans le rang de façon violente et implacable : ici une jeune recrue fêtant son 3ème rang courre vers les toilettes, prise d'un soudain et inexplicable besoin, là un jeune trop bavard se fait trainer dehors par un grand gaillard armé d'une bar à mine.. A cette instant je décidai de rester très discret dès le moment où je serais vêtue du scaphandre de la Firme, pour ma propre sécurité.

Le responsable finit par revenir, accompagné de deux personnes au scaphandre sombre et bizarre. Ils me dirent de les suivre et m'amenèrent en bétrayal jusqu'à un bunker en béton. Ils m'accompagnèrent à l'intérieur, malgré que je leur eu dis qu'ils pouvaient me laisser tranquille; en effet ce type de structure ne m'était pas inconnue, et je vis rapidement que très peu de modification avaient été apporté sur les plans des bunker de la Firme depuis la construction de celui de l'Homme. Mais lorsque je me retournai pour leur répéter que je connaissais déjà le fonctionnement des divers appareils à ma disposition, l'un d'eux me saisis fermement par les pattes de devant tandis que l'autre sortit de son sac une énorme seringue aux détails inquiétants contenant un liquide aux couleurs vives. Je tentai de me débattre, en vain, ils avaient une force peu commune, et bientôt je sentit l'aiguille s'immiscer entre mes plaques osseuses dermiques, près de mes ouïes. Je sombrais immédiatement dans un profond sommeil sans rêve."
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MessageSujet: Re: Origines   Mar 17 Mar - 3:15

Bow a écrit:
Première Partie

Chapitre I : La Genèse

Il se souvenait... par flashs... D'habitude, ils étaient très courts, des visions fugitives, des contours peu précis, des sensations...
Il se souvenait surtout du vent, de ses bourasques glaciales contre son épiderme, de son plaisir puéril à le sentir... Seul le vent l'avait accompagné toute sa vie, et il ne faisait confiance qu'au vent, qui, malgré ses caprices, ses tourbillons soudains, ne le trahirait jamais...

Un souvenir, ou plutôt un duo de souvenirs qu'il considérait comme indissociables lui revenait souvent à l'esprit, lorsqu'il sondait les profondeurs incertaines de sa mémoire...

Le premier souvenir de ce diptyque est lumineux... en pleine journée martienne... le soleil à son zenith... le vent, calme et doux...
La rocaille et le sable sont d'un rouge très marqué, et ils recouvrent l'intégralité de la surface visible... des volutes de poussière se forment à l'horizon, puis se déposent lentement sur le sol.
Il entend des sons, des bruits agressifs mais lointains... Il savait que ce n'étaient pas des bruits naturels, il le sentait dans leur répétitivité, leur façon de s'arrêter puis de redémarrer, dans un fracas soudain... Il ne savait pas pourquoi, mais ces bruits l'apaisaient et le réconfortaient...

Puis vient alors le second flash... cette fois-ci, la nuit dépose sa noirceur sur le paysage et impose sa teinte sombre et uniforme. Il aimait la nuit, sa présence tranquillisante, sa puissance discrète, tout en elle l'attirait...
Les bruits de moteurs étaient moins nombreux, mais la lumière que les engins émettaient étaient autant d'insultes à la toute puissance de l'obscurité, et le blessaient cruellement à chaque fois qu'ils rencontraient fugitivement son corps dans leurs mouvements rapides...
Ce jour-là, une des lumières n'avait pas fait que le balayer de sa clarté. Elle s'était posée sur lui, avec insistance, et s'était immobilisée à une courte distance, l'éblouissant violemment.
Une créature s'était extraite de l'engin. Il n'avait encore jamais vu une telle entité. Les mouvements étaient inhabituels... Ce n'était pas du sable qui virevoltait joyeusement... C'était... autre chose. Une forme massive, compacte, comme si le sable était si serré qu'il formait un mur totalement opaque et cohérent... des détails apparaissaient au fur et à mesure que ses yeux s'habituaient à la lumière. Contrairement aux nuées de sable, sans cesse changeantes, ces détails restaient figés, et conservaient une certaine raideur... Des fragments bougeaient, mais finissaient par retrouver leur place, tôt ou tard...
L'ensemble s'avança vers lui... il contemplait des couleurs jusqu'alors inconnues... du vert, du bleu profond... du noir brillant. Il entendait un souffle en deux temps, le premier totalement inconnu, le second ressemblant au contact du sable contre la roche.
La chose tendit deux excroissances, le saisit et le souleva de terre, non pas comme le vent, les jours de tempêtes, de façon chaotique, mais fermement et sans mouvement brusque.

Le Betrayal reprit sa route.
study Première lecture. Toujours un espace après des points de suspension dont il ne faut surtout pas abuser comme c'est le cas ici. Les points de suspension sont vraiment à uiliser avec parcimonie.
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MessageSujet: Re: Origines   Mar 17 Mar - 3:29

Bow a écrit:
Première Partie

Chapitre II : Vie

L'Homme était un Adepte, discret et silencieux, mais bon... (C'est dingue, le seul endroit où les points de suspension ont une raison d'être et tu n'en mets pas.) Il avait autrefois cru en une unique divinité terrestre, mais sa venue sur Mars lui avait fait perdre ses repères et douter de la toute puissance du monothéisme. La grandeur des Grands Anciens lui avait paru si évidente, à travers les multiples exemples de la vie martienne, qu'il s'était converti. Depuis, il prêchait pour les Grands Anciens et s'occupait de son temple, qu'il avait construit lui-même, complètement isolé dans le désert martien.
L'Homme avait appelé la bête qu'il avait ramené d'une de ses escapades Bow, pour souligner sa soumission aux Grands Anciens. Il lui enseigna la liturgie et les rituels, les codes, la ferveur, bref, fit de lui un croyant invétéré.
Il maintenait les instincts bestiaux de Bow grâce à un régulateur émotionnel fourni par La Firme, lui trafiqua un scaphandre à sa taille, alors petite, et lui apprit la langue martienne. Il lui enseigna la science de la Terre, lui raconta les anciennes légendes, lui apprit énormément sur la culture terrienne.
Il lui apprit surtout à survivre dans une société humaine, là où il serait perpétuellement en danger, et où il mettrait les autres en danger...

La mécanique surtout attirait Bow. Après avoir appris les rudiments du combat et s'être entraîné à résister aux temps (météos, climats, températures) les plus extrêmes, il avait porté sa soif de connaissance à l'étude des systèmes mécaniques, électroniques et informatiques. Il bidouillait des morceaux de Rusty découverts ça et là sur Mars, réparait le Kréator de l'Homme ainsi que son Betrayal.

La vie était douce, le travail le rendait endurant et lui donnait la sensation de servir à quelque chose.
Ses contacts avec la "civilisation" étaient pour le moins succints... Les rares humains qu'il rencontrait préféraient fuir à son approche, et ce de plus en plus rapidement au fur et à mesure que son corps adulte se façonnait. Lorsqu'il eut atteint la fin de sa croissance, il s'était fait une raison et se contentait de l'unique présence de l'Homme.
study Première lecture.


Dernière édition par DeepBlue le Mar 17 Mar - 3:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Origines   Mar 17 Mar - 3:49

Bow a écrit:
Première Partie

Chapitre III : Mort

La vie continuait tranquillement son cours et celles de l'Homme et de son protégé auraient pu suivre cette voie pendant des décennies jusqu'à leur mort successive... Mais Mars n'accorde le calme qu'à de très rares exceptions. La folie de la guerre devait s'abattre avec la violence habituelle à la race qui la déclencha. (Cette dernière phrase me gêne car j'attends un 'sur' qui devrait suivre 's'abattre' et je rencontre un 'à'. C'est en relisant à deux reprises que j'en comprends le sens mais je ne sais toujours pas sur qui s'abbat la folie de la guerre.)
Lorsque Grave Digger fut signalé, il était déjà trop tard pour fuir.
L'Homme entraina Bow à l'intérieur de son temple. Au fond était creusée une alcôve servant normalement d'ossuaire, cependant, bien des années étaient passées sans qu'aucune dépouille ne touche (touchât) le sol, et la salle était complètement vide. Elle était néanmoins suffisamment profonde pour se cacher de Grave Digger.


"L'Homme, depuis longtemps, était las de la vie. La solitude, la vieillesse rendaient l'enfer martien chaque jour plus insupportable. Peut-être a-t-il vu en Grave Digger un envoyé des Grands Anciens, peut-être a-t-il pensé qu'Ils voulaient éprouver sa foi... que sais-je ? Toujours est-il qu'il m'a fait jurer de ne pas quitter l'alcôve le plus aussi longtemps que mon endurance naturelle, les vivres et l'oxygène stockées me le permettaient... Sur cette promesse, il m'enlaça. Cette dernière étreinte que je reçu d'un être humain me causa un grand trouble. Malgré un contact métallique dû au scaphandre, je sentis une chaleur, une grandeur encore inconnue... Je me rendis subitement compte que plus jamais je ne le reverrais. L'Homme sentit ma panique et employa tout son pouvoir à me calmer. Puis il me laissa sur un sourire, le regard assuré.

Fidèle à ma promesse, je ne bougeai pas de l'alcôve. A l'extérieur, Grave Digger se faisait entendre, avec lui des sirènes fréquentes, des cris lointains, des bruits de combats...
La porte de ma prison temporaire suintait littéralement d'ésotérisme... chaque fente laissait passer un vif rayon de lumière, blanche et pure. Des incantations se firent entendre, des prières d'une grande beauté, d'une sincérité, d'une dévotion admirable. Alors que deux heures auparavant la nuit tombait sur les Terres Désolées, à présent l'atmosphère entière était lumineuse, chaude, réconfortante. Des hoquets secouaient mon abdomen, l'émotion m'obligea à desserrer mon scaphandre pour pouvoir respirer sans difficultés. L'Homme tenait tête aux ténèbres, et, dans la nuit et la mort, il m'offrait une dernière leçon sur la toute puissance des convictions...
Les combats semblaient se calmer au loin... des ordres de replis fusaient, ténus. Dans cette illusion de calme, bercé par la pulsation de l'ésotérisme de l'Homme, je m'endormis...

Comment oublier ce réveil brutal, dans un fracas de métal froissé et de béton explosé ? Comment ne pas être saisi de frayeur lorsque des souvenirs de cet instant traversent mon esprit ?
Le temps avait subi une discontinuité soudaine que Bow n'arrivait pas à comprendre, encore dans les limbes du sommeil. Ce qui était avant n'était plus, le chaos avait remplacé l'ordre, la mort avait remplacé la vie, les ténèbres avaient finalement repris leur place et investi la bulle de clarté et de chaleur.
Qui avait pu détruire ainsi une telle innocence ?

Je n'eus que le temps de remettre mon heaume, avant qu'une brutale décompression, mal gérée par le processeur intégré de mon scaphandre bricolé à la main, me fit plonger dans un profond coma.

Plus tard, lorsqu'enfin, après plusieurs jours sans percevoir le moindre bruit, je me décidai à quitter ma cachette, je compris que seule une puissance mécanique surhumaine avait pu causer de tels dégâts. Le temple était littéralement éventré, la charpente de métal pliée, les murs de béton défoncés... et aucune trace de l'Homme...
Qu'était-il devenu ? Broyé dans des mains géantes ? Son corps pourrissait-il dans un charnier quelconque, à côté d'autres représentants pathétiques de sa race décadente ? Les Grands Anciens lui avaient-ils accordé la grâce de les rejoindre, vaporisant son corps pour n'en laisser que quelques gouttes d'eau pure, immédiatement absorbées par le sol ?

Je ne sais... Mais je sentais encore dans l'atmosphère, des traces de sa puissance... un visage se dessina dans mon esprit, son visage.

Il souriait."
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MessageSujet: Re: Origines   Mar 17 Mar - 4:05

Bow a écrit:
Seconde Partie

Chapitre IV : Vies intermédiaires

Des mois d'une vie recluse ont passé, à l'écart de toute trace de civilisation, dans les restes habitables du bunker de l'Homme. Longtemps Bow avait réfléchi à ce qu'il pouvait faire sans la présence de l'Homme sur cette Mars qu'il adorait, mais aucune conclusion nette ne venait à son esprit meurtri. Ses gestes devenaient lents, sans but, sa silhouette se tassait, se courbait, ses pattes restaient de longs moment totalement crispées, comme si quelque chose de la Bête tentait de reprendre ses droits sur le corps. Pendant ces longs mois pendant durant lesquels il resta seul, Bow perdit beaucoup de ce qui le rendait "viable" à (dans ?) une société humaine. Il devenait plus nerveux, plus indécis dans ses pensées. Alors qu'il avait pris l'habitude de penser selon (avec ?) le langage humain, il se surprenait à basculer en langue alien, à siffler doucement avec de légères convulsions des babines, et lorsqu'il buttait sur un mot qu'il avait appris en humain, et qui n'avait pas d'équivalent en langue alien (notamment au sujet de matériel technique), il se rendait soudainement compte de son égarement, s'immobilisait sur place comme tétanisé, et constatait alors la régression de son attitude, il se découvrait rampant, la gueule tendue en avant, reniflant des pièces de métal, ou encore agrippé à des morceaux de béton du temple détruit. Mais il ne réagissait pas à cette dévolution, ('Dévolution' signifie 'transmission', le terme n'est donc à mon avis pas adéquat) car aucun but ne l'animait, aucune volonté ne l'habitait, et il aurait aussi bien pu s'endormir pour ne plus se réveiller qu'il ne se serait pas révolté.

Les bruits de la terraformation s'amplifiaient, jour après jour le paysage martien accusait la fin d'une époque, soulignait la lente transition entre un temps primitif et un temps technologique. Bow ne pouvait plus ignorer les grands nuages de poussières de plus en plus fréquents par temps calme, créés par les déplacements et les travaux d'engins aux dimensions titanesques. Les tempêtes relayaient maintenant des sons nouveaux, des sirènes puissantes, des martellements sur du métal, parfois des bruits d'explosions dues à des turbines obstruées...
Les zones de vivances ne cessaient de se remplir, et Bow se sentait peu à peu englouti sous cette marée de travailleurs, attirés par le seul appât du gain et le goût de l'aventure. Au fur et à mesure de cette invasion passive, Bow sentait naître en lui le sentiment qu'une anomalie se développait parallèlement. La terraformation était pour lui une aberration, le viol odieux d'une planète encore vierge et pure. Il n'approuvait pas les actes de cette "Firme" qui s'appropriait arbitrairement une planète et lui infligeait un traitement violent, pour un résultat hasardeux et peu convaincant.
Il décida alors de quitter son deuil et sa solitude, pour s'intégrer au projet TEM et agir pour limiter, à son échelle, les sévices reçus par sa planète mère.

Une fois cette décision prise, Bow se sentit rempli d'un sentiment de quiétude enivrante... comme s'il justifiait son existence par ce seul but, par cette volonté de protéger un astre qu'il chérissait. Il comprit alors qu'il avait choisi la bonne solution. La réclusion aurait inexorablement conduit à la mort prématurée d'une âme torturée, tandis que maintenant, chaque heure passée voyait son état mental s'améliorer, ses idées se conforter, sa volonté rejaillir. Dans cette même lutte contre la dégénérescence qui avait envahi son être, son corps entier se redressa fièrement, ses muscles se bandèrent et firent craquer les jointures de son scaphandre, plus entretenu depuis longtemps. Constatant cela, un léger sourire fendit son museau, et il se prépara pour postuler aux bureaux de recrutement de La Firme.
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MessageSujet: Re: Origines   Mar 17 Mar - 4:33

Bow a écrit:
Seconde Partie

Chapitre V : L'intégration au projet TEM - Les premiers pas

"Une fois que j'eus fini de réparer et préparer toutes mes affaires (scaphandre, Betrayal, régulateur), je me mis enfin en quête d'un poste de recrutement du projet TEM. L'Homme m'avait jadis renseigné sur un endroit particulièrement fréquenté, autant par les terraformeurs moyens que par des responsables du projet, appelé 'Bar du Forage', je me dirigeai donc vers cette structure dont je connaissais la position.
Le Bar se présentait comme un énorme bunker, de plusieurs étages mais cependant plutôt trapu. De puissants projecteurs balayaient les environs, des sentinelles patrouillaient sur le toit, suite, je l'appris plus tard, à l'épisode Grave Digger. L'immense parking qui s'étendait devant le Bar était rempli de véhicules, hétéroclites dans leurs 'décorations', mais dont on différenciait 2 deux catégories principales (Pas nécessaire) : une majorité de Betrayals, avec leur énorme turbine sur le devant, et des Béhémoths. Quelques monstrueux Kréators étaient bien garés ici et là, cependant, bien qu'il soit impossible de ne pas les voir, ils étaient en quantités relativement réduites.
J'entrai dans le Bar par l'entrée principale (la seule entrée en fait), et dès que le deuxième sas de dépressurisation s'ouvrit, je fus happé par une atmosphère étouffante et enfumée. La pièce était immense, légèrement ovale, avec un large comptoir le long du mur du fond. De nombreuses tables rondes étaient positionnées dans la salle, la plupart étant prises (occupées) : celles du centre, bien éclairées, étaient occupées par de multiples bandes de soiffards, des représentants syndicaux tentant tant bien que mal de se faire entendre dans le brouhaha général, ou encore des terraformeurs exubérants se souhaitant inlassablement le bonjour en de longs échanges d'étreintes repoussantes, celles, plus proches des murs, plongeaient de plus en plus dans une sorte de brouillard opaque et sombre, et on ne pouvait que difficilement voir les occupations des terraformeurs attablés.
Mon entrée ne fit tout d'abord absolument aucune impression. Tout au plus quelques terras jetèrent un regard surpris et souvent moqueur sur mon scaphandre, différent des leurs, qui étaient tous standardisés. Mais lorsque j'eus retiré mon casque et desserré les jointures abdominales (qui assurent l'étanchéité du scaphandre mais gênent sensiblement ma démarche), beaucoup me lancèrent des regards soupçonneux et, je m'en rendis bien compte, hostiles. Je me laissai aller à un sourire carnassier en gage d'assurance, mais il faut avouer que, le bâtiment et les règles en usage m'étant parfaitement inconnues, j'étais tout sauf sûr de mes gestes.

Il apparut rapidement que l'intégration au projet TEM était relativement facile dans le cas courant ; cependant il n'y avait pas de recrutement direct au sol, pour la simple raison que les terraformeurs étaient censés venir de l'extérieur, et qu'à part eux, aucune créature intelligente ne devait exister sur Mars. Un responsable en manque de statistiques réussit tout de même à trouver dans ses fontes un formulaire pas trop tâché et me le tendit avec empressement, accompagné d'un stylo-loupiotte, gadget arborant le logo de La Firme. Je ne pouvais objectivement répondre à plusieurs questions, mais le responsable me dit que "c'est pas grave, faut juste signer", ce que je fis en lui adressant un sourire convenu qui le mit profondément mal à l'aise. Me disant de ne pas bouger jusqu'à son retour, il quitta le bar en trottinant, le formulaire plié dans son poing.

J'en profitai pour dévisager mes futurs collègues. Je m'attendais à une sorte de troupeau de veaux avinés, bêlant (Les veaux bêlent ? Ne mettrais-tu pas 'meuglant' ?) dans leur scaphandre, idiots et ridicules, mais je me trompais. Certes, une partie de l'assemblée, causant de futilités en usant de tournures grandiloquentes et minables et à grands renforts de mimiques pathétiques, me semblait tout à fait répondre à mes pensées. Mais ils ne représentaient qu'une portion seulement. D'autres parlaient gravement, en pesant leurs mots, et ils respiraient la sagesse, sinon l'expérience. D'autres enfin étaient immobiles, silencieux, buvant leur boisson par à-coup en lançant des regards perçants sur (vers ?) le bar, et je compris à leurs sourires carnassiers que, si certains terraformeurs étaient du bétail, ceux-là étaient en quelque sorte le maillon supérieur dans la chaîne alimentaire, chasseurs solitaires ou en meutes, aux idées claires et inébranlables, terraformeurs aux gros bras, durs et solides, baroudeurs aux yeux perçants.
Plusieurs personnes retenaient l'attention. Une zone entière du bar semblait réservée à une caste particulière, portant des tissus rouges et sombres, et arborant une sorte de tête de mort avec des ailes sur les côtés. D'autres avaient gravé "B.O.S.S." sur leur scaphandre, ou "Acidalia", "Sdf" ou encore "Garde Noire". Ils ne parlaient pas en criant, mais leur voix sonores portaient loin et leur diction avait quelque chose de violent et d'incisif. Les autres terraformeurs semblaient les éviter, leur lançant des regards préoccupés, et ceux qui leur disaient bonjour se contentaient de signe de main rapide et d'un sourire timide. Apparemment, ceux-là n'avaient pas pour unique objectif de se tailler des bavettes, mais appartenaient à un groupuscule manifestement assez radical.

Enregistrement vocal du 03 août, an 0 après Grave Digger :
** A un moment un terraformeur se dirige vers eux en quête d'une place libre. Il parle fort, sourit béatement aux murs et apostrophe le robot serveur de sa voix criarde pour obtenir une boisson. Quelque chose de décapant. Il sent le nouveau en quête de réputation à des kilomètres. Les terraformeurs sombres le dévisagent avec dédain, parfois même avec un sourire cruel, mais il ne se rend compte de rien. Il marche très droit pour faire grand, et il a même réglé son scaphandre pour lui donner l'impression que ses épaules sont plus larges que sa taille ! Quelle pitié !
Finalement il s'assoit à une table presque vide, uniquement occupée par un terraformeur massif, perdu dans ses pensées, la cigarette au bec. Celui-ci se retourne quand le nouveau prend place, s'ensuit un court dialogue inaudible pendant lequel le nouvel arrivant dresse la tête comme un coq. Puis, tout à coup, le coq se retrouve allongé à terre, le nez fracassé, tandis que l'autre se rassoit doucement, la clope dans une main, son verre dans l'autre... Je détourne la tête pour qu'on ne me voit pas pouffer de rire... **

A l'époque, je me rendis vite compte que le spectacle est quasiment le même partout : les nouveaux trop exubérants étaient systématiquement ramenés dans le rang de façon violente et implacable : ici une jeune recrue fêtant son 3ème rang courre vers les toilettes, prise d'un soudain et inexplicable besoin, là un jeune trop bavard se fait traîner dehors par un grand gaillard armé d'une barre à mine... A cet instant je décidai de rester très discret dès le moment où je serais vêtu du scaphandre de La Firme, pour ma propre sécurité.

Le responsable finit par revenir, accompagné de deux personnes aux scaphandres sombres et bizarres. Ils me dirent de les suivre et m'amenèrent en Betrayal jusqu'à un bunker en béton. Ils m'accompagnèrent à l'intérieur, malgré que je leur eus dis qu'ils pouvaient me laisser tranquille ; en effet ce type de structure ne m'était pas inconnue, et je vis rapidement que très peu de modifications avaient été apportées sur les plans des bunkers de La Firme depuis la construction de celui de l'Homme. Mais lorsque je me retournai pour leur répéter que je connaissais déjà le fonctionnement des divers appareils à ma disposition, l'un d'eux me saisit fermement par les pattes de devant tandis que l'autre sortit de son sac une énorme seringue aux détails inquiétants contenant un liquide aux couleurs vives. Je tentai de me débattre, en vain, ils avaient une force peu commune, et bientôt je sentis l'aiguille s'immiscer entre mes plaques osseuses dermiques, (?) près de mes ouïes. Je sombrai immédiatement dans un profond sommeil sans rêve."

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MessageSujet: Re: Origines   Mar 17 Mar - 21:32

DeepBlue a écrit:
L'Homme était un Adepte, discret et silencieux, mais bon... (C'est dingue, le seul endroit où les points de suspension ont une raison d'être et tu n'en mets pas.)
Je voulais dire : "Il était bon", pas conclure la phrase par "mais bon..." dans le sens "on fait avec". Mais si ça ne se comprend pas comme ça je changerais l'organisation.

Merci beaucoup pour tout le reste, notamment pour "bêler" (effectivement les veaux ne bêlent pas !), le "à" qui est pas clair du tout ("sur" est bien mieux) et évidemment le mot dévolution qui n'a pas du tout le sens que je pensais... Merci ! Content
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