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 Chroniques du chante metal

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adanedhel



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MessageSujet: Chroniques du chante metal   Ven 29 Aoû - 10:57

Tout était allé si vite, en quelques mois tout au plus, Adanedhel se retrouvais devant les hauts fourneaux du centre de métallurgie. Oubliée l’amère douleur liée à la perte de son ange dans les mines profondes de saturne. Oubliés les débuts balbutiants ou tapant à la porte de Némésis il proposait ses services comme cuistot. Il était la maintenant membre siégeant au Conseil de la Caste des Pillis. Veilleur du Sanctuaire de l'Azur, Paladin parfois, fier et droit en charge des ennuis mécaniques de la famille. Et maintenant Mithra lui faisait l’honneur suprême de lui transmettre le secret du métal.


Au début, Adanedhel avait peiné durement tentant de comprendre et d’intellectualiser l’enseignement abscons de Mithra. Jusqu’à cette soirée où dans la flamboyance du couché de soleil martien, il s’était souvenu de nombre de ses voyages galactiques. Les danses-flammes d’Okthba, les chanteurs cristal d’Omicron Leporis deux, la tribu-gemme de Ganymede, tous avaient la même faculté de plier la matière à leur volonté. Ou plutôt d’être et de ressentir la matière. Là était la clef.


Depuis lors, Adanedhel ne cherchait plus à comprendre mais à ressentir. Il voulait être le métal ressentir la chaleur relaxante de la forge et le froid crispant de l’enclume. Se lover dans le moule et s’endurcir en se nourrissant de carbone. La lumière était là. Adanedhel perçut la transe dans laquelle il plongeait. Il sentait le métal, sa viscosité, son homogénéité les manques de ses alliages.



Il se mit à travailler en dehors des heures d’enseignement et de creuse à sa première œuvre. Une simple broche, une fibule de cape qu’il souhaitait offrir. Mais le résultat ne fut hélas pas à la hauteur de ses ambitions. Il lui fallait trouver la résonance juste du métal.


Après avoir refondu la fibule il recommença son ouvrage. Dans sa tête en écho une voix lui répétait de chercher la résonance du métal. Alors qu’il cognait de son marteau sur le fin barreau rougeoyant, il se surprit à retenir son souffle. S’obligeant à se relaxer, il expira une note grave, un do sourd et puissant, de son doux baryton. Etrangement le barreau sembla vibrer et répondre à ce do en un la dièse mal accordé. La résonance…


Dès cet instant Adanedhel martela, façonna en maintenant cette note et en y accordant le barreau. La broche prenait forme, à moins qu’elle ne prenne vie. La vie est un chant et chaque chose, chaque être en est un couplet. Chantez le bon air et l’objet correspondant naîtra sous vos mains. Adanedhel décida de moduler sa note en une mélopée qui lui semblait instinctivement en accord avec l’objet. Et après plusieurs heures, il contempla émerveillé son œuvre achevée. Le soleil était haut sur l’horizon, il n’avait pas dormi et l’épuisement le guettait mais l au creux de sa main se trouvait sa première œuvre en accord avec son âme.


Relevant les yeux, il vit Mithra entrer. Il l’interpella et alors qu’elle approchait, il ouvrit sa main en ne prononçant que ces quelques mots : « pour toi.. ». Au creux de sa paume se trouvait une broche en forme de salamandre aux reflets irisés et à la couleur sans cesse changeante. L’alliage en était subtil et bien que fort légère, la solidité du fermoir était patente.

C’était là la première œuvre d’un chante-métal. Pas un canonnier ou un être voué à détruire. Adanedhel voulait créer et donner vie au métal. Mithra lui avait montré la voie et il voulait lui offrir la première fleur de son chemin. Ce simple petit présent. Merci Maître. Merci Mère


Chronique 1 : L’écoute du métal.

Voila quelques jours que j’avais chanté la fibule de Mithra. Rien de nouveau n’était sorti de mes mains. J’avais passé un long moment à réfléchir aux tenants et aboutissants de cet art et à ce que je pourrais en faire.
Il n’y avait personne pour m’enseigner les subtilités de cet art. A moi donc de défricher cette terre inconnue et de structurer mon art pour pouvoir le transmettre.
La bonne façon d’aborder les choses consistait d’abord à apprendre à écouter le métal.
Depuis que Grunfeld m’avait offert ma sphère d’obsidienne, je n’étais plus assailli par toutes les vibrations des pièces métalliques qui m’entouraient. Je m’entraînais donc à focaliser mon attention sur une résonance particulière et sur une zone précise. Par le toucher et l’écoute, j’avais en retour de la note que je chantais, la réponse du métal.
Ceci me fit penser à une application déjà éprouvée dans les contrôles non destructifs par ultrasons ou par propagation d’onde sonores. Je pouvais faire de même en étant moi-même l’émetteur et le récepteur.
Je fonçais donc au rebut de l’atelier et dénichait une paire de pelles endommagées et reformées.
Je passais la première au scan et isolait une fissure dans le corps d’un des vérins pneumatique.
Je pris alors la pelle et chantait ma note en parcourant sa surface. La fissure me renvoya une dissonance qui me fit grincer des dents. Ca marchait.
Je décidais alors de faire l’expérience inverse. Muni d’un marqueur, je chantais une nouvelle pelle et marquais toutes les dissonances majeures ou mineures que je décelais en la parcourant. Puis, la passant au scan, je sautais de joie en découvrant que chaque zone parquée correspondait à une zone d’endommagement et que la gravité de l’endommagement était proportionnelle à la dissonance.
Je consignais tout cela par écrit. Le protocole, le chant et le ressenti associé et decidais d’appeler cela L’art de l’écoute du métal.


Chronique 2 : Le chante alliage

Ma deuxième étude venait du constat que Chaque métal avait une réponse particulière à une note chantée. Je me mis donc en chasse de barreaux homogènes des principaux métaux que je pourrais trouver sur Mars. Fer, cuivre, zinc, plomb, aluminium, nickel, chrome, cobalt, étain, or et argent. Je composait aussi une gamme d’aciers plus ou moins trempés allant de la ferrite jusqu’à la fonte.
Pendant de longues semaines, je chantais chacun de ces échantillons. J’étudiais leur réponse à divers chants, leurs harmoniques et leur réponse primaire. Reconnaître des éléments simples me pris somme toute peu de temps. Le jeu se compliqua lorsque je m’attaquais à des alliages. Je mélangeais les divers éléments en m’attachant à travers le chant à reconnaître les chants et contre-chants mêlés de chaque élément. Les proportions se retrouvaient dans la puissance de la réponse de chaque élément.
Je demandais dans un deuxième temps à Mithra de me fondre divers alliages que je réceptionnais en aveugle. Puis chantant chaque barreau dans mon atelier, je vérifiais ensuite le résultat à l’analyseur moléculaire.
Je faisais, bien sûr, des fautes et des erreurs, mais dans l’ensemble je réussissais à définir petit à petit l’art du chante alliage qui permettait de reconnaître et analyser les métaux. Cet art demandait une oreille absolue (que par chance je possédais) et un travail quotidien auquel depuis lors je m’astreins.
Il m’arrive même de chantonner au bar pour connaître la composition des piécettes de monnaie que me rend Gros Robot.. On a parfois des surprises.


Merci pour vos relectures.. promis bientot je me remets à relire aussi!!
à venir chroniques 3 à 9 Content
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adanedhel



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MessageSujet: Re: Chroniques du chante metal   Ven 29 Aoû - 12:17

merci pour l'efficience et la celerité Content
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DeepBlue



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MessageSujet: Re: Chroniques du chante metal   Ven 29 Aoû - 12:39

adanedhel a écrit:
Tout était allé si vite, en quelques mois tout au plus, Adanedhel se retrouvait devant les hauts fourneaux du centre de métallurgie. Oubliée l’amère douleur liée à la perte de son ange dans les mines profondes de Saturne. Oubliés les débuts balbutiants où, tapant à la porte de Némésis, il proposait ses services comme cuistot. Il était là maintenant, membre siégeant au Conseil de la Caste des Pillis, Veilleur du Sanctuaire de l'Azur, Paladin parfois, (parfois Paladin ?) fier et droit en charge des ennuis mécaniques de la famille. Et maintenant Mithra lui faisait l’honneur suprême de lui transmettre le secret du métal.

Au début, Adanedhel avait peiné durement tentant de comprendre et d’intellectualiser l’enseignement abscons de Mithra. Jusqu’à cette soirée où dans la flamboyance du couché de soleil martien, il s’était souvenu de nombre de ses voyages galactiques. Les danses-flammes d’Okthba, les chanteurs cristal d’Omicron Leporis deux, la tribu-gemme de Ganymede, tous avaient la même faculté de plier la matière à leur volonté. Ou plutôt d’être et de ressentir la matière. Là était la clef.

Depuis lors, Adanedhel ne cherchait plus à comprendre mais à ressentir. Il voulait être le métal, ressentir la chaleur relaxante de la forge et le froid crispant de l’enclume. Se lover dans le moule et s’endurcir en se nourrissant de carbone. La lumière était là. Adanedhel perçut la transe dans laquelle il plongeait. Il sentait le métal, sa viscosité, son homogénéité, les manques (le manque ?) de ses alliages.

Il se mit à travailler en dehors des heures d’enseignement et de creuse à sa première œuvre. Une simple broche, une fibule de cape qu’il souhaitait offrir. Mais le résultat ne fut hélas pas à la hauteur de ses ambitions. Il lui fallait trouver la résonance juste du métal.

Après avoir refondu la fibule, il recommença son ouvrage. Dans sa tête en écho une voix lui répétait de chercher la résonance du métal. Alors qu’il cognait de son marteau sur le fin barreau rougeoyant, il se surprit à retenir son souffle. S’obligeant à se relaxer, il expira une note grave, un do sourd et puissant, de son doux baryton. Etrangement le barreau sembla vibrer et répondre à ce do en un la dièse mal accordé. La résonance…

Dès cet instant, Adanedhel martela, façonna en maintenant cette note et en y accordant le barreau. La broche prenait forme, à moins qu’elle ne prenne vie. La vie est un chant et chaque chose, chaque être en est un couplet. Chantez le bon air et l’objet correspondant naîtra sous (dans ?) vos mains. Adanedhel décida de moduler sa note en une mélopée qui lui semblait instinctivement en accord avec l’objet. Et après plusieurs heures, il contempla émerveillé son œuvre achevée. Le soleil était haut sur l’horizon, il n’avait pas dormi et l’épuisement le guettait mais l au creux de sa main se trouvait sa première œuvre en accord avec son âme.

Relevant les yeux, il vit Mithra entrer. Il l’interpella et alors qu’elle approchait, il ouvrit sa main en ne prononçant que ces quelques mots : « pour toi... ». Au creux de sa paume se trouvait une broche en forme de salamandre aux reflets irisés et à la couleur sans cesse changeante. L’alliage en était subtil et bien que fort légère, la solidité du fermoir était patente.

C’était là la première œuvre d’un chante-métal. Pas un canonnier ou un être voué à détruire. Adanedhel voulait créer et donner vie au métal. Mithra lui avait montré la voie et il voulait lui offrir la première fleur de son chemin. Ce simple petit présent. Merci Maître. Merci Mère.


Chronique 1 : L’écoute du métal.

Voilà quelques jours que j’avais chanté la fibule de Mithra. Rien de nouveau n’était sorti de mes mains. J’avais passé un long moment à réfléchir aux tenants et aboutissants de cet art et à ce que je pourrais en faire.
Il n’y avait personne pour m’enseigner les subtilités de cet art. A moi donc de défricher cette terre inconnue et de structurer mon art pour pouvoir le transmettre.
La bonne façon d’aborder les choses consistait d’abord à apprendre à écouter le métal.
Depuis que Grunfeld m’avait offert ma sphère d’obsidienne, je n’étais plus assailli par toutes les vibrations des pièces métalliques qui m’entouraient. Je m’entraînais donc à focaliser mon attention sur une résonance particulière et sur une zone précise. Par le toucher et l’écoute, j’avais en retour de la note que je chantais, la réponse du métal.
Ceci me fit penser à une application déjà éprouvée dans les contrôles non destructifs par ultrasons ou par propagation d’ondes sonores. Je pouvais faire de même en étant moi-même l’émetteur et le récepteur.
Je fonçai donc au rebut de l’atelier et dénichai une paire de pelles endommagées et reformées.
Je passai la première au scanner et isolai une fissure dans le corps d’un des vérins pneumatiques.
Je pris alors la pelle et chantai ma note en parcourant sa surface. La fissure me renvoya une dissonance qui me fit grincer des dents. Ca marchait.
Je décidai alors de faire l’expérience inverse. Muni d’un marqueur, je chantai une nouvelle pelle et marquai toutes les dissonances majeures ou mineures que je décelais en la parcourant. Puis, la passant au scanner, je sautai de joie en découvrant que chaque zone parquée correspondait à une zone d’endommagement et que la gravité de l’endommagement était proportionnelle à la dissonance.
Je consignai tout cela par écrit. Le protocole, le chant et le ressenti associé et decidai d’appeler cela l’Art de l’écoute du métal.


Chronique 2 : Le chante alliage

Ma deuxième étude venait du constat que chaque métal avait une réponse particulière à une note chantée. Je me mis donc en chasse de barreaux homogènes des principaux métaux que je pourrais trouver sur Mars, fer, cuivre, zinc, plomb, aluminium, nickel, chrome, cobalt, étain, or et argent. Je composai aussi une gamme d’aciers plus ou moins trempés allant de la ferrite jusqu’à la fonte.
Pendant de longues semaines, je chantai chacun de ces échantillons. J’étudiais leur réponse à divers chants, leurs harmoniques et leur réponse primaire. Reconnaître des éléments simples me pris somme toute peu de temps. Le jeu se compliqua lorsque je m’attaquai à des alliages. Je mélangeais les divers éléments en m’attachant à travers le chant à reconnaître les chants et contre-chants mêlés de chaque élément. Les proportions se retrouvaient dans la puissance de la réponse de chaque élément.
Je demandai dans un deuxième temps à Mithra de me fondre divers alliages que je réceptionnais en aveugle. Puis, chantant chaque barreau dans mon atelier, je vérifiais ensuite le résultat à l’analyseur moléculaire.
Je faisais, bien sûr, des fautes et des erreurs, mais dans l’ensemble je réussissais à définir petit à petit l’art du chante alliage qui permettait de reconnaître et analyser les métaux. Cet art demandait une oreille absolue (que par chance je possédais) et un travail quotidien auquel depuis lors je m’astreins.
Il m’arrive même de chantonner au Bar pour connaître la composition des piécettes de monnaie que me rend Gros Robot... On a parfois des surprises.
study Première lecture.
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adanedhel



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MessageSujet: Re: Chroniques du chante metal   Ven 29 Aoû - 13:00

merci.. Content
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Absurd_Jedi
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MessageSujet: Re: Chroniques du chante metal   Sam 30 Aoû - 12:15

DeepBlue a écrit:
Tout était allé si vite, en quelques mois tout au plus, Adanedhel se retrouvait devant les hauts fourneaux du centre de métallurgie. Oubliée l’amère douleur liée à la perte de son ange dans les mines profondes de Saturne. Oubliés les débuts balbutiants où, tapant à la porte de Némésis, il proposait ses services comme cuistot. Il était là maintenant, membre siégeant au Conseil de la Caste des Pillis, Veilleur du Sanctuaire de l'Azur, Paladin parfois, (parfois Paladin ?) fier et droit en charge des ennuis mécaniques de la famille. Et maintenant Mithra lui faisait l’honneur suprême de lui transmettre le secret du métal.

Au début, Adanedhel avait peiné durement tentant de comprendre et d’intellectualiser l’enseignement abscons de Mithra. Jusqu’à cette soirée où dans la flamboyance du coucher de soleil martien, il s’était souvenu de nombre de ses voyages galactiques. Les danses-flammes d’Okthba, les chanteurs cristal d’Omicron Leporis deux, la tribu-gemme de Ganymede, tous avaient la même faculté de plier la matière à leur volonté. Ou plutôt d’être et de ressentir la matière. Là était la clef.

Depuis lors, Adanedhel ne cherchait plus à comprendre mais à ressentir. Il voulait être le métal, ressentir la chaleur relaxante de la forge et le froid crispant de l’enclume. Se lover dans le moule et s’endurcir en se nourrissant de carbone. La lumière était là. Adanedhel perçut la transe dans laquelle il plongeait. Il sentait le métal, sa viscosité, son homogénéité, les manques (le manque ?) de ses alliages.

Il se mit à travailler en dehors des heures d’enseignement et de creuse à sa première œuvre. Une simple broche, une fibule de cape qu’il souhaitait offrir. Mais le résultat ne fut hélas pas à la hauteur de ses ambitions. Il lui fallait trouver la résonance juste du métal.

Après avoir refondu la fibule, il recommença son ouvrage. Dans sa tête en écho une voix lui répétait de chercher la résonance du métal. Alors qu’il cognait de son marteau sur le fin barreau rougeoyant, il se surprit à retenir son souffle. S’obligeant à se relaxer, il expira une note grave, un do sourd et puissant, de son doux baryton. Etrangement le barreau sembla vibrer et répondre à ce do en un la dièse mal accordé. La résonance…

Dès cet instant, Adanedhel martela, façonna en maintenant cette note et en y accordant le barreau. La broche prenait forme, à moins qu’elle ne prenne vie. La vie est un chant et chaque chose, chaque être en est un couplet. Chantez le bon air et l’objet correspondant naîtra sous (dans ?) vos mains. Adanedhel décida de moduler sa note en une mélopée qui lui semblait instinctivement en accord avec l’objet. Et après plusieurs heures, il contempla émerveillé son œuvre achevée. Le soleil était haut sur l’horizon, il n’avait pas dormi et l’épuisement le guettait mais l au creux de sa main se trouvait sa première œuvre en accord avec son âme.

Relevant les yeux, il vit Mithra entrer. Il l’interpella et alors qu’elle approchait, il ouvrit sa main en ne prononçant que ces quelques mots : « pour toi... ». Au creux de sa paume se trouvait une broche en forme de salamandre aux reflets irisés et à la couleur sans cesse changeante. L’alliage en était subtil et bien que fort légère, la solidité du fermoir était patente.

C’était là la première œuvre d’un chante-métal. Pas un canonnier ou un être voué à détruire. Adanedhel voulait créer et donner vie au métal. Mithra lui avait montré la voie et il voulait lui offrir la première fleur de son chemin. Ce simple petit présent. Merci Maître. Merci Mère.


Chronique 1 : L’écoute du métal.

Voilà quelques jours que j’avais chanté la fibule de Mithra. Rien de nouveau n’était sorti de mes mains. J’avais passé un long moment à réfléchir aux tenants et aboutissants de cet art et à ce que je pourrais en faire.
Il n’y avait personne pour m’enseigner les subtilités de cet art. A moi donc de défricher cette terre inconnue et de structurer mon art pour pouvoir le transmettre.
La bonne façon d’aborder les choses consistait d’abord à apprendre à écouter le métal.
Depuis que Grunfeld m’avait offert ma sphère d’obsidienne, je n’étais plus assailli par toutes les vibrations des pièces métalliques qui m’entouraient. Je m’entraînais donc à focaliser mon attention sur une résonance particulière et sur une zone précise. Par le toucher et l’écoute, j’avais en retour de la note que je chantais, la réponse du métal.
Ceci me fit penser à une application déjà éprouvée dans les contrôles non destructifs par ultrasons ou par propagation d’ondes sonores. Je pouvais faire de même en étant moi-même l’émetteur et le récepteur.
Je fonçai donc au rebut de l’atelier et dénichai une paire de pelles endommagées et reformées.
Je passai la première au scanner et isolai une fissure dans le corps d’un des vérins pneumatiques.
Je pris alors la pelle et chantai ma note en parcourant sa surface. La fissure me renvoya une dissonance qui me fit grincer des dents. Ca marchait.
Je décidai alors de faire l’expérience inverse. Muni d’un marqueur, je chantai une nouvelle pelle et marquai toutes les dissonances majeures ou mineures que je décelais en la parcourant. Puis, la passant au scanner, je sautai de joie en découvrant que chaque zone marquée correspondait à une zone d’endommagement et que la gravité de l’endommagement était proportionnelle à la dissonance.
Je consignai tout cela par écrit. Le protocole, le chant et le ressenti associé et decidai d’appeler cela l’Art de l’écoute du métal.


Chronique 2 : Le chante alliage

Ma deuxième étude venait du constat que chaque métal avait une réponse particulière à une note chantée. Je me mis donc en chasse de barreaux homogènes des principaux métaux que je pourrais trouver sur Mars, fer, cuivre, zinc, plomb, aluminium, nickel, chrome, cobalt, étain, or et argent. Je composai aussi une gamme d’aciers plus ou moins trempés allant de la ferrite jusqu’à la fonte.
Pendant de longues semaines, je chantai chacun de ces échantillons. J’étudiais leur réponse à divers chants, leurs harmoniques et leur réponse primaire. Reconnaître des éléments simples me pris somme toute peu de temps. Le jeu se compliqua lorsque je m’attaquai à des alliages. Je mélangeais les divers éléments en m’attachant à travers le chant à reconnaître les chants et contre-chants mêlés de chaque élément. Les proportions se retrouvaient dans la puissance de la réponse de chaque élément.
Je demandai dans un deuxième temps à Mithra de me fondre divers alliages que je réceptionnais en aveugle. Puis, chantant chaque barreau dans mon atelier, je vérifiais ensuite le résultat à l’analyseur moléculaire.
Je faisais, bien sûr, des fautes et des erreurs, mais dans l’ensemble je réussissais à définir petit à petit l’art du chante alliage qui permettait de reconnaître et analyser les métaux. Cet art demandait une oreille absolue (que par chance je possédais) et un travail quotidien auquel depuis lors je m’astreins.
Il m’arrive même de chantonner au Bar pour connaître la composition des piécettes de monnaie que me rend Gros Robot... On a parfois des surprises.

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